Articulation du genou

Articulatio genus

Définition

Louise Candela

L’articulation du genou, une merveille biomécanique, autrefois considérée comme une simple articulation en charnière (ginglyme), est en réalité beaucoup plus complexe. Elle combine des mouvements de type charnière et rotation, ce qui en fait une articulation cruciale pour la mobilité humaine.

L'articulation du genou est constituée de trois sous-articulations : deux articulations condyliennes, chacune entre un condyle du fémur, le ménisque correspondant et le condyle du tibia, ainsi qu’une articulation entre la patella (rotule) et le fémur, de type semi-arthrodiale, car les surfaces articulaires ne sont pas parfaitement adaptées.

Cette organisation permet une grande amplitude de mouvement tout en maintenant la stabilité grâce aux ligaments et aux ménisques.

Les os sont reliés entre eux par les ligaments suivants:

La capsule articulaire est une membrane fibreuse renforcée par des bandes issues de la fascia-lata et de tendons musculaires, formant ainsi les rétinaculums patellaires médial et latéral. Les ligaments croisés, antérieur et postérieur, empêchent respectivement le déplacement excessif du tibia vers l’avant et vers l’arrière. Les ligaments collatéraux, fibulaire (latéral) et tibial (médial), relient le fémur à la fibula et au tibia. Le ligament patellaire assure la liaison entre la patella et la tubérosité tibiale. Enfin, les ligaments poplités, l’oblique et l’arqué, renforcent la capsule postérieure et stabilisent la région arrière du genou.

Le ménisque médial, plus grand et de forme semi-circulaire, est attaché au ligament collatéral médial. Le ménisque latéral, plus petit et presque entièrement circulaire, est plus mobile que son homologue médial. Ensemble, ces ménisques améliorent l’adaptation des surfaces articulaires, absorbent les chocs, réduisent les impacts transmis au fémur et au tibia, et permettent les mouvements combinés de flexion, d’extension et de rotation.

La membrane synoviale, la plus grande du corps humain, entoure les structures internes de l’articulation, à l’exception des ligaments croisés qui sont extrasynoviaux. Les bourses périarticulaires, telles que la bourse sous-quadricipitale située entre le quadriceps et le fémur, ou la bourse sous-patellaire entre la patella et la peau, réduisent les frictions entre les muscles, les tendons et les os.

Les mouvements du genou mobilisent les muscles, les tendons et les os. La flexion et l’extension en sont les principaux mouvements : la flexion, assurée par le biceps fémoral, les muscles semi-tendineux et semi-membraneux, le gracilis, le sartorius, le poplité, le gastrocnémien et le plantaire, comprend un mouvement rotatoire initial permettant de débloquer l’articulation. L’extension est effectuée par le quadriceps fémoral et se termine par un mécanisme de “screw home”, au cours duquel le fémur pivote légèrement sur le tibia, verrouillant ainsi l’articulation.

La rotation du genou existe également : la rotation externe est réalisée par le biceps fémoral, tandis que la rotation interne est assurée par le poplité, le semi-tendineux, le semi-membraneux, le sartorius et le gracilis.

La stabilité du genou en extension est garantie par les ligaments croisés, collatéraux et poplités, qui maintiennent efficacement l’articulation verrouillée.

La patella protège l’avant de l’articulation, répartit la pression lors des flexions extrêmes (comme en position agenouillée) et agit comme un levier pour améliorer l’efficacité du quadriceps fémoral.

Sur le plan vasculaire, l’articulation est irriguée par les branches géniculées de l’artère poplitée et les branches récurrentes de l’artère tibiale antérieure. L’innervation est assurée par les nerfs obturateur, fémoral, tibial et fibulaire commun.

Le genou, malgré sa structure complexe, est une articulation fonctionnelle qui allie stabilité et mobilité. Ses caractéristiques uniques, telles que les ligaments croisés et le mécanisme de verrouillage, garantissent une performance efficace, tout en répondant aux exigences variées des activités humaines. Cette structure ingénieuse illustre une remarquable adaptation évolutive.

Références

This definition incorporates text from a public domain edition of Gray's Anatomy (20th U.S. edition of Gray's Anatomy of the Human Body, published in 1918 – from http://www.bartleby.com/107/).

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