Muscle dilatateur des narines

Musculus dilatator naris apicalis

Définition

Chloé Paris, Marjorie Champarou

Le muscle dilatateur des narines correspond à la partie alaire du muscle nasal chez l’homme. Chez les mammifères domestiques, il est bien discernable uniquement chez les ongulés.

Conformation : En raison de l’élargissement transversal du bout du nez et de l’orientation des narines, il est situé dorsalement. Il se joint ainsi sur le plan médian à son homologue du côté opposé, formant un muscle impair à fibres transversales. Un fort raphé médian marque encore chez le bœuf cette origine double. Les faisceaux charnus partent de chaque côté, dans l’épaisseur du mufle, et s’étendent dans le pourtour médial des narines. Chez les équidés, le muscle est totalement unifié, épais et formé de faisceaux courts, s’étendant du cartilage alaire d’une narine à celui de la narine opposée. Chez le porc, il n’est pas isolable, mais on peut considérer qu’il forme, avec le muscle nasal latéral, le relief charnu qui borde le groin. Chez les carnivores, il est généralement absent.

Insertions : Ce muscle s’insère sur la face dorsale des cartilages alaires, de manière plus ou moins étendue selon l’espèce. Ses insertions sont particulièrement larges chez les équidés, où elles s’étendent jusqu'à la corne de chaque cartilage. Quelques faisceaux s’insèrent également sur la pointe des os nasaux.

Rapports : En partie couvert chez les ongulés par le tendon des muscles élévateurs de la lèvre supérieure, ce muscle adhère à la peau sur le reste de sa surface, sauf chez le bœuf, où une épaisse couche des glandes du mufle le sépare de la peau. Il échange des faisceaux avec le muscle nasal latéral et avec l’orbiculaire de la bouche. Il recouvre une grande partie des cartilages du nez.

Fonctions : Le muscle dilatateur des narines est un puissant dilatateur des narines, dont il soulève la commissure latérale.

Vaisseaux et nerfs : Le muscle dilatateur des narines est vascularisé par l’artère labiale supérieure et, chez les équidés, par l’artère palatine majeure. Il est innervé par le rameau buccal dorsal du nerf facial.

Variations :

  • Chez les équidés, le muscle dilatateur des narines est fortement développé. Il est impair, court et irrégulièrement quadrilatère, entièrement formé de faisceaux charnus parallèles. Ces faisceaux couvrent la lame et la corne des cartilages alaires, sur toute la longueur desquels ils s’insèrent. L’extrémité ventrale se met en continuité avec l’orbiculaire de la bouche. La contraction de ce muscle dilate très fortement le naseau en diminuant la courbure du cartilage alaire, dont les deux extrémités sont alors écartées l’une de l’autre.

  • Chez le bœuf, le muscle dilatateur des narines est pair, court et épais. Il prend naissance sur un fort raphé médian inséré à l’extrémité du septum nasal et sur le corps de l’os incisif. De là, ses faisceaux s’irradièrent dans le bord médial et les commissures des naseaux, les faisceaux les plus ventraux recouvrant légèrement la partie marginale du muscle orbiculaire de la bouche.

  • Chez le porc, le muscle dilatateur des narines est fusionné avec le muscle nasal latéral, formant un ensemble musculaire dans le groin.

  • Chez les carnivores, le muscle dilatateur des narines est absent. Chez le chien, il est à peine représenté par quelques fibres éparses dans la profondeur de la truffe.

  • Chez le lapin, le muscle dilatateur des narines est fusionné, de chaque côté, avec la partie correspondante de l’orbiculaire de la bouche.

Références

Barone R. Anatomie comparée des mammifères domestiques, Tome 2, Arthrologie et myologie, 4th edition, Vigot, Paris, 2017.

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