Muscle temporal

Musculus temporalis

Définition

Chloe Paris

Le muscle temporal est situé dans la fosse temporale, dont il suit la forme.

Conformation : C'est un muscle de grande taille, très épais et élastique chez les carnivores, plus faible chez les herbivores. Comme le suggère la forme de la fosse temporale, il est mince chez les équidés, plus épais et plus étroit chez les ruminants et les lapins. Ses fibres convergent vers une très forte lame tendineuse qui se prolonge jusqu'au processus coronoïde de la mandibule, recevant les faisceaux charnus sur ces deux faces. Chez de nombreuses espèces, une partie accessoire plus ou moins distincte s'ajoute à la partie principale décrite précédemment. Il s'agit d'un gros faisceau attaché à la crête infratemporale de l'os sphénoïde et à la partie adjacente de la fosse temporale. Très distinct chez le lapin, ce faisceau l'est beaucoup moins chez les ongulés et l'homme ; il n'est pas discernable chez les carnivores, qui possèdent en revanche un fascicule accessoire superficiel, issu de la crête temporale.

Insertions : Le muscle temporal prend naissance dans la majeure partie de la fosse temporale, ainsi que dans la ligne temporale, la crête sagittale externe et la crête infratemporale. En outre, ses fascicules charnus les plus superficiels s'attachent à la surface profonde du fascia temporal. Il se termine par sa lame tendineuse sur l'apophyse coronoïde de la mandibule, qui semble être une partie ossifiée, et sur le bord rostral de la branche de cet os.

Relations : Le muscle temporal est recouvert par le fascia temporal qui transforme la fosse temporale en un compartiment presque complètement fermé. Ce fascia, plus fin chez les mammifères domestiques que chez l'homme, prend naissance tout autour de la fosse temporale, c'est-à-dire le ligament orbitaire, le bord caudal de le processus zygomatique de l'os frontal, la ligne temporale, la crête nuchale et la crête temporale, avec la spécificité chez l'homme de l'intervalle entre les lignes temporales supérieure et inférieure, chez les équidés et les carnivores de la crête sagittale externe.

Le muscle temporal se divise ventralement en une couche superficielle qui se porte sur la face latérale de l'arcade zygomatique et tend à être en continuité avec le fascia massétérique et une couche profonde qui se porte sur la face médiale de l'arcade zygomatique ; entre ces deux couches circulent des rameaux vasculaires et nerveux au sein d'un tissu conjonctif beaucoup moins abondant chez l'animal que chez l'homme.

La loge temporale délimitée par ce fascia s'ouvre ventralement sous l'arcade zygomatique.

Par cette ouverture, le muscle temporal est placé sur le bord rostral de la branche mandibulaire. Il est accompagné d'un volumineux corps adipeux orbito-temporal qui, par sa diffusion, favorise les mouvements de l'articulation temporomandibulaire et les mouvements des organes voisins lors de la mastication. Variablement développé selon les espèces mais toujours présent, ce faisceau adipeux est délimité par une fine enveloppe conjonctive. Il débute dans la région sous zygomatique, à la face profonde du muscle masséter, remonte derrière la tubérosité alvéolaire entre l'extrémité du muscle temporal et la gaine orbitaire et se termine à la partie rostrale de la fosse temporale. chez les équidés, cette extrémité est très large.

La face superficielle du muscle temporal, attachée par sa partie dorsale au fascia temporal, est séparée par ce dernier du cartilage scutiforme et des muscles auriculaires ainsi que des branches des vaisseaux temporaux superficiels et de leurs nerfs satellites. La face profonde est en rapport avec les os de la fosse temporale ainsi qu'avec les vaisseaux et les nerfs temporaux profonds. La partie attachée à la crête infratemporale échange des faisceaux avec la partie profonde du muscle masséter. Elle est également en relation avec la gaine fibreuse de l'orbite et, du côté médial, avec les muscles ptérygoïdiens et les branches des vaisseaux et nerfs maxillaires.

Fonctions : Le muscle temporal contribue à l'élévation de la mandibule, qu'il fait basculer autour de l'articulation temporomandibulaire ; il agit ainsi sur un levier inter-puissant. Le faisceau infratemporal contribue en outre à l'adduction de la mandibule.

Vaisseaux et nerfs : Les artères temporales profondes et les collatérales de l'artère maxillaire assurent l'irrigation sanguine. Les veines s'anastomosent avec le plexus ptérygoïdien. Les nerfs temporaux profonds proviennent du nerf mandibulaire, branche du trijumeau.

Chez les équidés, le muscle temporal est plat, relativement large, recouvert d'une aponévrose nacrée qui se rétrécit mais augmente au niveau de la terminaison. Son faisceau infratemporal est de couleur plus pâle que le reste du muscle, mais non moins distinct. Le corps adipeux orbito-temporal, très développé, forme une masse fluctuante derrière l'orbite qui occupe la dépression dite de la "salière" et est perceptible à travers la peau, les muscles auriculaires rostraux et le fascia temporal.

Références

Barone R. Anatomie comparée des mammifères domestiques, Tome 2, Arthrologie et myologie, 4th edition, Vigot, Paris, 2017.

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