Nerf optique

Nervus opticus

Définition

Felipe Barona Lopez

Le nerf optique (II) est un nerf sensoriel qui relie le bulbe oculaire à l'encéphale assurant le rôle de transmission nerveuse pour le sens de la vue.

Numéro : II

Nom : Optique

Sensitif, moteur, ou les deux : Uniquement sensitif

Origine : Retinal ganglion cells

Noyau : Noyau géniculé latéral

Fonction : Transmettre les signaux visuels de la rétine de l'œil au cerveau.

Description :

Le nerf optique s'étend du bulbe oculaire au chiasma optique. Ce n'est pas un nerf au sens habituel du terme, mais plutôt un fort faisceau de substance blanche appartenant au diencéphale et soutenu par une solide gaine méningée. Il dérive directement du pédoncule de la vésicule optique de l'embryon, qu'ont envahi les fibres d'origine rétinienne à destination du métathalamus.

Le nerf optique est formé de fibres provenant des neurocytes multipolaires du stratum ganglionnaire de la rétine, qui représente son origine. Le nerf (encore formé de multiples faisceaux distincts) traverse la sclère, puis se porte en direction médio caudale en décrivant une double flexuosité qui lui permet de se prêter sans difficulté aux mouvements du bulbe. Il atteint ainsi le canal optique qu'il traverse. A la sortie de celui-ci, il se trouve dans la cavité du crâne et n'a qu'un bref trajet à parcourir pour rejoindre le chiasma optique.

On lui reconnaît 4 segments :

  • intrascleral,

  • orbitaire,

  • intraosseux,

  • intracrânien,

Le segment intrascleral, le plus court, voit le nerf se constituer. Les fibres issues du stratum ganglionnaire forment, sous la lame limitante interne, la couche la plus interne de la rétine. Elles convergent vers le disque du nerf optique. Elles se groupent là en petits faisceaux qui s'incurvent vers l'extérieur du bulbe et traversent la choroïde, qui les engaine au passage, puis s'engagent dans l'aire criblée de la sclère.

Le segment orbitaire est toujours le plus long. Dans cette partie, la coupe du nerf est circulaire et le calibre de 5 à 6mm chez le Cheval et le Bœuf, de l'ordre de 2mm chez le Porc et le Chien et d'un millimètre ou un peu plus chez le Chat et le Lapin. Chez les mammifères domestiques, ce segment du nerf est entouré, au sein de tissu adipeux, par les faisceaux du muscle rétracteur du bulbe, qui le séparent des quatre muscles droits de l'œil. Chez l'Homme, où le rétracteur fait défaut, il est directement entouré par ces derniers. Il est toujours accompagné de près par les vaisseaux et les nerfs ciliaires; le ganglion ciliaire lui est situé latéralement.

Le segment intraosseux, varie de quelques millimètres à plus d'un centimètre, selon l'espèce, seule l'artère ophtalmique interne, située ventralement à lui, passe par le canal optique également.

Le segment intracrânien, également bref, voit le nerf perdre son revêtement méningé et, seulement revêtu par la pie-mère, continuer dans l'espace subarachnoïdien pour rejoindre le chiasma optique. Au-delà du chiasma, ses fibres se répartissent de façon complexe et variable selon l'espèce, la plupart passant dans les tractus optiques.

La nerf optique a une structure unique. Il est pourvu d'un revêtement méningé et ses fibres nerveuses présentent plus d'analogie avec celles de la substance blanche qu'avec celle des autres nerfs.

Elle est formée de fibres très minces, la plupart d'un calibre de 1 à 2 pm, assemblées en un grand nombre de petits faisceaux. Myéliniques, ces fibres sont, au contraire de celles des autres nerfs et comme celles de la substance blanche, dépourvues de neurolemme. Longitudinaux, leurs faisceaux ne sont pas disposés au hasard mais présentent une rétinotopie, les fibres issues de chaque quadrants rétinien conservant dans le nerf la même topographie. La répartition est profondément modifiée dans le chiasma optique, où s'effectue un entre croisement partiel dont la proportion et les modalités varient beaucoup selon l'espèce. On retiendra qu'en règle générale chez les Mammifères, chaque tractus optique comporte les fibres provenant des quadrants latéraux, de la rétine homolatérale et celles des quadrants médiaux, de la rétine opposée. La plus grande partie de leur ensemble (racine latérale du tractus optique) aboutit au corps géniculé latéral, tandis que le reste (racine médiale) se porte au colliculus rostral et à divers noyaux du mésencéphale. Ce dernier contingent n'est pas visuel mais contrôle les réflexes nécessaires à une vision correcte. Enfin, de rares fibres centrifuges, dirigées vers l'œil, ont été signalées dans le nerf optique. Leur origine et leur rôle ne sont pas déterminés mais on sait que chez les Oiseaux, où elles sont mieux connues, elles proviennent d'un groupe défini de neurocytes de la partie caudale du mésencéphale.

Dans sa partie intracrânienne, le nerf optique n'est revêtu que par la pie mère. Mais celle-ci n'est pas limitée à ce seul segment. Elle se prolonge sur la partie extracrânienne du nerf et dès son entrée dans le canal optique, elle est rejointe par les autres méninges; l'ensemble engaine le nerf jusqu'au bulbe oculaire, où chaque strate se continue dans l'une des membranes qui forment la paroi de celui-ci. L'assise externe de la gaine, qui continue la dure-mère, est de nature fibreuse. Accompagnée des nerfs et des vaisseaux ciliaires, elle se raccorde à la sclère de l'œil. L'assise intermédiaire, continue avec l'arachnoïde, est mince et délicate. Elle est séparée de la précédente par un interstice presque virtuel qui équivaut à l'espace subdural et de la suivante par un autre espace plus vaste qui représente la cavité subarachnoïdienne. La couche la plus interne n'est autre que la pie-mère : elle porte un riche réseau de micro vaisseaux; elle est en outre pourvue, comme la précédente, de nombreuses fibres collagènes, lesquelles sont plus rares dans les autres régions des méninges. Cette pie-mère fait office d'épineurium; sa face profonde délègue de nombreux septums dont les subdivisions engainent les faisceaux de fibres, dont ils forment le périneurium et enfin l'endoneurium. Dans la paroi du bulbe oculaire, cette pie-mère se raccorde aux assises vasculaires de la choroïde, alors que la lamina fusca représente l'arachnoïde.

Le sang est amené au nerf optique par deux voies. Le réseau vasculaire périphérique porté par la strate profonde de l'enveloppe méningée délègue dans les septums et jusque dans leurs plus fines subdivisions un riche réseau de capillaires. Ces derniers s'anastomosent à ceux qui proviennent de l'artère centrale de la rétine. Cette artère, dont l'origine et le point de pénétration varient selon l'espèce et qui manque même dans de nombreuses espèces, court dans l'axe du nerf, traverse avec lui l'aire criblée de la sclère et se distribue aux parties de la rétine qui en sont voisines. Sa participation à la vascularisation du nerf est minime. Une veine centrale de la rétine accompagne l'artère. Chez les mammifères domestiques toutefois, les artères restent à la surface du nerf et effectuent cette traversée par plusieurs divisions avant de distribuer leurs rameaux terminaux aux couches les plus internes de la rétine.

Références

Barone R, Simoens P. Anatomie comparée des mammifères domestiques, Tome 7, Neurologie II, Vigot, Paris, 2010.

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